lundi 15 avril 2013

Stage hiver J3 etJ4


Partage des tâches oblige, c'est Emmanuel au clavier, changement de style assuré, il faut tenir le lecteur en éveil.

J3 de ce stage crocmontagnesque : c’est parti pour 2 jours de ski Alpinisme (si si, j’y tiens, vous verrez bien sur les photos !). En ce lundi béni, après avoir scruté les nuages dans tous les sens, observé le moindre courant d’air, parié sur la différence de pression atmosphérique entre le pôle sud et le pôle nord, ET SURTOUT (vérification primordiale de sécurité pour tout montagnard qui se respecte) mesuré le taux d’humidité des chaussettes de Poulet, les chefs se sont décidés pour aller skier à…Cervières, charmant petit village français, dont les habitants sont appelés les Cerveyrains et les Cerveyraines. La commune s'étend sur 109,7 km² et compte 178 habitants (même à Saorge on en a plus!) depuis le dernier recensement de la population datant de 2004. Avec une densité de 1,6 habitants par km², Cervières a connu une nette hausse de 38% de sa population par rapport à 1999 (je vous jure que nous n’y sommes pour rien !).
Pre-scriptum important : à titre personnel, vous ne me verrez pas souvent sur les photos. Pour cause, je tenais compagnie à…K. (par égard pour sa famille, je préserverai l’anonymat de ce rude gaillard qui, ce jour-là, traînait un peu la patte mais a montré un remarquable courage).
 Or donc, nous partîmes za l’aube (ou presque), skis zaux pattes et saucisson en bandoulière, et commençâmes par un long, long, … long, très long plat (notez que K. est déjà tout pâlot, pauv’biquet)


 
Puis nous attaquâmes sérieux une pente plus plate du tout, mais plus du tout, cap vers le col de chaude maison (euh…j’ai bien cherché, n’y allez pas, c’est une arnaque, j’ai rien trouvé, ni maison ni chaude, que dalle à part un vent glacial qui vous frise les poils des oreilles. 1200 de déniv’ quand même, le pauv’ K. en a vraiment chié sa race (en même temps, je lui avais dit de pas prendre 4 fois de la raclette…). 


  Bon, fini la rigolade, c’est l’heure de la descente, et là, c’est bon, je me dois de briser la loi du silence – par égard dû aux illustres alpinistes qui nous ont précédés – et ignorer les menaces dont j’ai fait l’objet : oui, j’ose le dire, j’ai été très déçu par l’attitude de mes partenaires de course ; mais où est donc passé l’état d’esprit bucolique des montagnards d’antan, emplis de camaraderie et de plaisirs simples. Le spectacle qui m’a été offert m’en a fait regretter mes parties de pêche entre louveteaux du temps où j’étais scout (c’est pour dire…). C’était à celui qui en mettait le plus plein la vue aux autres : « Et regardez comme je godille bien » « Oh, admirez le style pur mais dynamique de mon déhanché » « Waouh ! visez un peu le stayeleu, sans les jambes ! » etc, vous voyez le genre. C’était écœurant de frime et d’arrogance. Je tiens à signaler que j’en ai référé au président du CAF de Charente Maritime qui ne tardera pas à prendre les sanctions appropriées.

Enivrés dans leur orgueil, ils n’ont même pas remarqué que ce pauvre K. s’était fait attaqué par des glaçons volants et j’ai dû aller le secourir tout seul au péril de ma vie 

  Jour 4… et dernier jour ! (ENFIN!!! serais-je tenté de dire, tant la promiscuité dans notre tanière entre chacals et autres animaux à poils drus devenait de plus en plus insupportable…). Malgré un bain prolongé dans les eaux chaudes du Monêtier et un décrassage approfondi à la vapeur, rien n’y a fait, la crasse s’était incrustée, nous nous étions transformés, la métamorphose de notre espèce était inévitable…
  Ne me demandez pas où nous sommes allés skier, à cause de tous ces poils devant les yeux, je n’ai même pas réussi à lire les panneaux d’indication. Ça devait être à mi-chemin entre Monêtier et le col du Lautaret. Peu importe, de toutes façons, l’envie n’y était plus : adieu godilles et déhanchés, les pâtes au gruyère bon marché de la veille au soir avaient eu raison de nos guerriers les plus vaillants : même nos deux tourtereaux, pourtant touchés par la grâce il y a quelques heures à peine, traînaient la patte. Ni les couleurs vives (pour ne pas dire criardes) des plumages de certains oiseaux (oh non, Saint-Thomas, Saint-Marc, n’y voyez là rien de personnel…), ni le paysage somptueux digne d’une séquence de « 30 millions d’amis » sur le lièvre variable du parc des Écrins, n’auront su remotiver les troupes.



  Le désespoir taraudait notre moral à chaque pas. Heureusement, le chef a eu une idée géniale et diabolique : il a promis un diabolo grenadine au premier qui parviendrait au sommet…euh, enfin, au lac situé en contrebas… Diablement futé le coach car certains, pris de folie et abusés par sa promesse, ont même déchaussé et porté les skis jusqu’au point d’arrivée pour obtenir le St-Graal grenadine (c’est la fameuse partie alpine évoquée au début).

 Inutile de vous dire que certains y ont vraiment cru à la grenadine… et qu’ils ont soudainement retrouvé une motivation hors du commun et n’ont pas hésité à lâcher le groupe (bravo l’esprit d’équipe !). Y'a pas de grenadine à Tende ou quoi ?

  Mais le pot aux roses a finalement été découvert : il n’y avait pas plus de grenadine au sommet que de chocolat dans le sac à dos de la marmotte, le chef nous avait trompés ! Après un sitting de protestation suivi d’une menace de grève du personnel navigant, certains sont repartis très vexés en boudant tout seul… boire une grenadine à Briançon ! Quelle histoire quand même ce stage C'RocMontagne !