Voilà enfin le compte rendu de notre stage dans les Hautes Alpes, ça se passait du 7 au 10 juillet autour d'Ailefroide.
C'est pas tout mais récupérer les textes (Mered et Noa), et les photos (Yann, Seb et l'appareil d'Emmanuel) prend un peu de temps.
Comme chaque année le club organise un stage d'été avec pour objectif de
former les jeunes à l'alpinisme. J'étais content de partir avec Philippe, Yann et mes copains. Cette année l'équipe est plus nombreuse
que l'année dernière en plus de Yann et Philippe, on retrouve : Mered, Adrien, Nils, Axel(×2), Alex, Noa, Emmanuel et Seb soit un total de 11. Au programme aller gratouiller du côté du Pelvoux.
Après 4heures de route, nous arrivons à Ailefroide et c'est parti pour 4heures de marche et 1200m
de d+pour arriver au refuge du Pelvoux. Plusieurs groupes se forment en fonction du rythme de marche de chacun. Au bout de 2heures, avec mon groupe, on trouve une source. J'étais content car j'avais oublié ma gourde...
Nous
repartons déterminés mais avec les jambes qui faisaient mal et nos sacs
à dos de plus en plus lourds. Très content d'arriver au refuge que j'ai
trouvé beau mais petit. (Nuit difficile car mon sac de couchage prenant
trop de place, Philippe me l'a fait laisser à la voiture, du coup les
couvertures qui grattent, c'est pas confortable).
Vue magnifique, soirée sympa où j'ai appris à jouer au tarot.
Dès le
premier jour le programme commence à changer le lendemain l'équipe va se diviser
en deux groupes
- groupe
1 : Yann, Seb, Nils, Axel.L, Mered et Adrien. partent avec l'objectif
d'effectuer la traversée des arêtes de Sialouze (terrain d'av)
- groupe
2 : Dirigé par Philippe, Emmanuel, Axel B., Alex
et Noa ont l'objectif d'atteindre l'aiguille du Pelvoux.
L'annonce
d'un réveil à 3h du matin (oh non!!!) pour partir à l'aiguille du
Pelvoux fait mal.
lever 3h
départ 4h
approche de nuit
petite pause à la bosse de Sialouze
de la marche sur glacier
un petit couloir de neige
un petit peu d'escalade
vue plongeante sur le bassin du glacier noir 800m plus bas
et une descente en rappel
Finalement je suis content de m'être levé. C'était
très beau et la redescente était marrante. Il manquait une douche chaude
à l'arrivée au refuge. La bonne sieste de l'après midi nous a fait du
bien. Au réveil, inquiétude car l'autre groupe n'était toujours pas là.
Au
bout de quelques heures (7h du soir...)Philippe et le gardien décident
d'appeler l'hélico pour aller voir ce qui se passe. La vérité est
qu'aucun problème n'a lieu sur l'arête juste quelques heures de
retard....
A 20h30 l'hélicoptère allait partir pour une reconnaissance, mais nous les voyons juste arriver à la sortie du névé. Le vol de reconnaissance est immédiatement annulé par Damien le gardien. Ils finissent par arriver sur les coups des 21h, ils mangent et nous faisons quand même un tarot avant d'aller nous coucher.
La traversée de l'Aiguille de Sialouze, commence en bas à gauche et fini sur la petite pointe en haut à droite. De la désescalade et 4 rappels ramènent sur le glacier.
Non seulement les jeunes ont réalisé la traversée de l'aiguille de Sialouze, mais en plus ils l'ont fait avec piolet et crampons dans le sac et grosses aux pieds
En attendant la deuxième cordée, petite sieste au sommet pour Nils et Axel
Adrien aux prises de la dalle en 5b+
Seb au niveau de la grande enjambée
Et c'est parti pour les rappels
13h pendus au bodard au lieu des 6 annoncées sur le topo ça
fatigue, alors au lieu de se lever à 3h pour la traversée du Pelvoux, le
lever est reporté à 7h et le groupe complet redescend sur Ailefroide
pour aller faire de la grande voie.
Mais là encore le timing est serré
alors Yann, Mered et Adrien partent à trois pour aller faire la fissure d'Ailefroide (une voie ouverte en 1941 par une cordée
franco-allemande...) pendant que le reste du groupe va rester sur des
plus petites longueurs et réviser les manips grande voie.
Nous
nous sommes éclatés, c'était facile mais compliqué parce que je n'étais
pas très confiant dans les nœuds et Nils me faisait peur en secouant la
corde.
Le soir tout le
monde dort au centre caf de l'Eychauda et peut enfin prendre une
douche... et jouer au tarot.
Pour le dernier jour (réveil à 7h moins difficile) le groupe va encore se diviser, un groupe part
avec Yann (Adrien, Noa et Yann et Nils et Axel L. en cordée autonome) dans La Snoopy une voie mythique d'Ailefroide un peu plus dure
que celle du groupe de Philippe (spit on cup) avec Emmanuel et Alex suivi de Mered et Axel B en cordée autonome...
Dans la Snoopy
Dans Spit on cup
Super content, j'ai réussi le 6b de la Snoopy et j'ai préféré l'escalade à l’ascension de l'aiguille du Pelvoux. Retour rapide en moins de 10 minutes à la voiture, une glace nous y attend. Quel bonheur.
C'est déjà le départ et c'est tant mieux pour moi car j'étais fatigué et content de rentrer pour la finale de l'Euro, la douche et mon lit.
Merci à Yann et
Philippe pour leur encadrement, et vivement la prochaine aventure.
1000km pour se rendre dans ce "petit" paradis mondial du bloc, belle initiative de la FFCAM que l'organisation de ce camp4 Bleau dans ce lieu au combien mythique pour les grimpeurs.
Cela fait 4 ans que le rassemblement existe et ce n'est pourtant que la première fois que nous osons le déplacement, maintenant nos jeunes sont en mesure d'apprécier et de profiter pleinement de ce genre "d'expédition".
Tout a donc commencé par réussir à faire rentrer tout notre bardas dans le coffre du Scudo. Pas simple comme mission, on a du laisser un de nos crash-pad, mais on savait que Thomas, qui devait nous rejoindre, en avait un. On était sauvé et le tétris parfait pouvait se mettre en place.
Après un premier départ de Tende sur les coups de 14h, arrêt à Nice pour récupérer Adrien qui descendait du Lycée, on avait bien gardé un petit peu de place pour son sac. Échange de sac à Brignoles avant de prendre la route jusqu'à Buthiers où nous étions attendus. Arrivés sur le coup de 0h30, nous sommes bien fatigués et c'est avec plaisir que nous nous installons dans la pièce qu'Alain (grand manitou de l’événement) nous avait réservé. Petit bonheur pour les jeunes de ne pas avoir à monter les tentes de nuit.
Nous sommes au rendez-vous de 9h jeudi matin pour assister au briefing inaugural, c'est pas tout mais il y a quand même 20 clubs et plus de 200 participants, il faut un minimum d'organisation pour que ça tourne et il faut bien avouer que malgré l'inertie liée à ce type de rencontre ça marche plutôt bien. Bravo aux organisateurs.
photo récupérée sur le facebook de l'événement
Cette première journée est consacrée aux apprentissages de base du bloc : le positionnement des pads et la parade. Après quelques explications, nous partons à la découverte des blocs du camping et il y en a un paquet. ça grimpe dans tous les sens, il faut parfois attendre avant de pouvoir mettre un essai dans le bloc envisagé mais tout se passe dans une bonne ambiance.
En fin d'après midi tout le monde se retrouve à la salle pour un petit concours de jeté. Nos jeunes apprendrons vite que le monde est injuste puisque les garçons (les 2 Axel, Noa et Nils) concourront dans la même catégorie qu'Adrien. Ce dernier va d'ailleurs gagner devant tout le monde en effectuant un jeté de près de 2m50.
On profite d'un moment dans la journée pour monter les tentes, c'est pas tout mais ce soir il faut bien qu'on dorme à l'abri..
La première soirée est donnée pour être festive. Gros repas avec salade de légumes frais à toutes les sauces, grillade, patate au feux de bois et salade de fruits. Y'a pas à dire on a tous mangé à notre faim, voire plus... S'en suit la projections de deux films, le premier visible ci-dessous a vraiment impressionné les jeunes.
le second les a moins emballé mais il est quand même visible ici
N'allez pas croire que cette soirée était finie, il restait le table boulder, ou comment faire deux tours de table en partant allongé sur la table et sans toucher les pieds par terre, le tout le plus rapidement possible évidement. Noa et Axel B ont tenté l'expérience !!
Après tout ça, il était temps d'aller se coucher si on voulait profiter de notre journée de vendredi tout aussi dense.
A nouveau le briefing du matin avant de partir cette fois du côté du 95.2. C'est là qu'on se rend compte de la platitude des lieux. ça nous fait tout bizarre de ne pas avoir de point de repère dans le ciel, on se sentirait presque perdu. Au programme du jour, encore du bloc et du soleil. Heureusement la forêt de pins nous permet de nous abriter un peu. Les organisateurs avaient préparé 3 parcours de 10 blocs et mis en place un petit challenge.
Finalement plus que le challenge (Que Thomas et Lola ont gagné dans leur catégorie) c'est le fait d'avoir une sélection de blocs à essayer qui était intéressant.
Une slack-line était à disposition mais nous étions trop occupés à grimper pour en profiter et c'est finalement vers 16h qu'on aurait bien aimé aller jouer dessus. Trop tard ils démontaient déjà !!!
Retour au camp, douche et préparation du repas, ce soir se sont Nils, Axel et Noa qui s'y collent, les autres se sera pour samedi.
Après un risotto et une salade de concombre, on retourne à la salle d'escalade pour assister à la soirée Petzl. Au programme un petit challenge de vitesse sur deux blocs et par équipe. Celui qui gagne reste pour le prochain tour, celui qui perd est éliminé. Il n'y aura qu'Axel B pour se lancer dans la fournaise du contest. Les autres préfèrent grimper sur le mur "haut" combien impressionnant et dans la petite salle de bloc à proximité.
S'en suit la remise des prix des différents challenges et autres concours. Le club est bien représenté puisqu'Adrien gagne le concours de jeté (et hop un pantalon ABK pour le jeune homme), Lola et Thomas gagnent le challenge de bloc dans la catégorie "jaune" et zou deux petits bons d'achat au vieux campeur et pour finir, le club se voit remettre deux livres des éditions Guerin (Solo intégral d'Alex Honnold et Le port de la mer de glace de Dominique Potard, ils sont à votre disposition) et une pizza (en réalité un pad d'appoint Nimbo de chez Petzl). Ces lots nous ont été remis car nous étions ceux qui ont fait le plus de Km pour venir participer à Camp4.16 Bleau.
Coucher tardif (encore) et nuit réparatrice (enfin). Le samedi est consacré à la découverte de nouveaux secteurs, la roche aux sabots le matin et le cul de chien l'après midi, les deux n'étant éloignés que de quelques centaines de mètres. Là encore de magnifiques blocs posés au milieu de vestiges de dunes. On avait l'impression d'être à la plage, la mer en moins. Adrien et Noa se sont donnés jusqu'au bout. Il aura bien fallu leur expliquer qu'il ne fallait pas regarder les cotations dans le topo au risque de se faire peur (les cotations bloc et particulièrement à Bleau sont très sévères par rapport aux cotations falaise) mais oser essayer des blocs, des mouvements pour finalement parfois se hisser en haut.
On fini par se décider à quitter le Cul de chien car l'heure tourne et qu'il nous faut encore faire quelques courses pour le repas du soir. Après concertation, on optera pour pâtes à la carbonara et salade, le tout précédé d'un petit apéritif. Le dessert sera pris avant même d'arriver au camping puisque Paul a offert une glace à tout le monde et qu'avec les températures rencontrées, autant dire qu'elles n'allaient pas supporter le voyage. A notre retour au camp, deux nouvelles nous attendent. La première le camping s'est vidé. La quasi totalité des groupes est repartie en fin d'après midi, la deuxième nos tentes sont envahies par les fourmis. Avant de se mettre à préparer à manger nous vidons les tentes, les secouons et les reposons un peu plus loin en espérant que les fourmis ne reviennent pas.
Plutôt que de manger seul dans notre coin, nous nous joignons à l'autre club survivant de cette journée, le CAF de Modane. Nous les rejoignons sur leur emplacement et profitons de leur slack-line. Paul fait une tentative de démo de jump line et c'est finalement à la nuit tombante que nous nous mettons "à table" Ce moment de partage aura été l'occasion de se prendre un sacré fou rire (merci Louis) et d'échanger au son des airs de guitare. Une super soirée.
Tous les jours on aura croisé Monsieur Jean Claude Droyer, père de l'escalade libre en France. Il s'était joint au rassemblement, se mêlait à nous sur ces blocs qu'il a souvent ouvert et dispensait ses conseils. Sacré bonhomme.
Dimanche, il nous faudra encore replier les tentes, rejouer à Tétris et prendre la route. Mais nous avons fini par arriver.
Nous avons eu de la chance car nous avons failli revenir sans tout un tas de choses (deux téléphones, un appareil photo, un sweat, des chaussons, un sac de nourriture, un sac à magnésie) Il n'y aura que le sac à magnésie que nous n'aurons pas récupéré, tout le reste avait été posé au milieu de nulle part et malgré le monde n'a pas bougé le temps que nous rendions compte de la disparition, comme quoi tout le monde n'est pas mauvais loin de là.
Au
soir du J3 nous nous retrouvons donc… entre garçons. La
réjouissante option du jour, les efforts que nous produisons afin de
nous réhydrater après ces 1750 m de bonheur, nous font basculer
dans une faille spatio-temporelle étrange. Des brumes de nos esprits
débridés émergent les légendes du pays tendasque... ses
personnages hauts en couleurs et leurs coutumes étranges nous
bercerons toute la nuit...
J4.
L’idée
est de rejoindre Saretto depuis Chialvetta via le Col d’Enchiausa.
La remontée du Vallone di Unerzio, avec Bob Marley dans les oreilles
et les premiers rayons du soleil qui percent au dessus du Boscasso,
est, comme la veille, un pur moment de bonheur. Ma propre vibration
s’harmonise parfaitement à celle du Monde, rien d’autre
n’existe… je vis pour ça.
Puis,
au fil de la matinée, les belles conditions se dégradent et je sens
le scepticisme monter au sujet de l’option du jour pour le sommet
de l’Oronaye. Pardon Marco, de la Tête de Moise.
Au
col, c’est la tourmente. L’occas’ pour chacun de démontrer sa
dextérité au déphoquage par raffalant à 80 km/h :
L’ami
Marco qui se fend d’une technique avant-gardiste consistant à
bloquer le milieu de la peau avec la pointe du pied, tendre les deux
extrémités et les plaquer minutieusement l’une sur l’autre,
bord contre bord ; la gestuelle est élégante, coordonnée et
précise, on sent le roublard expérimenté.
Kim
tente d’instruire sa propre technique à Stéphane : pincer le
milieu de la peau et remonter la 2ème main sur les bords pour
plaquer les extrémités l’une sur l’autre. Sans doute est-ce une
méthode qui a fait ses preuves par pétole, par brise légère, et,
vu l’habilitée dont Kim fait preuve, par Binda joueuse… mais
dans cette tourmente là, j'émets certaines réserves.
Steph
nous l’aura démontré tout au long de ces 4 jours, il n’est pas
de type contrariant : avec une assiduité manifeste, il tente de
reproduire la gestuelle de Kim... avant de profiter d’un moment
d'inattention de ce dernier pour discrètement faire comme Marco.
Alex,
le seul cerveau de cette splendide équipée, trouve un endroit
abrité du vent pour bosser peinard...
Et
bibi, dans sa grande patience, adopte très vite la technique du
“rouler-bourrer au fond du sac”, imbattable en terme de timing,
et qui à en plus l’avantage de nettoyer le fond de sac puisque
toute les miettes et emballages de barres céréales restent collées
aux peaux. Juste avant de quitter le col, du coin de l’œil je
constate que Kim à opté pour ma technique…
La
suite proposera, dans l’ordre, un concours de tenue de chaussette
jusqu’au bivouac Bonelli, quelques très belles courbes juste en
dessous, une arrivée triomphale sur Sarreto, moitié godille, moitié
nage libre, une navette de voiture en mode taxico mexicain et enfin,
une rafraîchissante glace à Borgo sur le chemin du retour.
J’ai aimé me promener dans la montagne avec vous chers amis, et j'espère remettre ça très vite. Merci beaucoup. jojo